Comment dépenser 1 900 $ pour des tests génétiques sans rien n’y apprendre

La science et le marketing s’affrontent dans la « jungle » des applications ADN offertes directement aux consommateurs. Ce n’est pas de bon augure lorsque le cardiologue le plus célèbre d’Amérique, avec 114 000 personnes qui le suivent sur Twitter, publie sur les médias sociaux que la valeur de votre produit est équivalente à « 0 ». Et ce n’est pas non plus une très bonne chose quand l’humoriste Stephen Colbert, dans son émission de fin de soirée, ridiculise votre industrie la qualifiant de « total bullshit. » C’est ce qui est arrivé ce mois-ci à Illumina, le géant du séquençage génétique, qui a créé la première entreprise à offrir en ligne des tests d’ADN où n’importe qui peut y magasiner en soumettant un échantillon de salive. Le problème n’est pas les tests qui décrivent votre ascendance ou ceux qui détectent que vous êtes porteur de bêta-thalassémie. Ces tests ont une base scientifique solide. Ce qui est critiqué ce sont surtout les vendeurs d’applications qui déterminent un régime alimentaire selon votre ADN ou encore des recommandations de vin en fonction de votre ADN. Eric Topol, un éminent cardiologue et généticien au Scripps Research Institute in La Jolla, en Californie, affirme que ceci doit cesser. Pour Topol, un trop grand nombre de ces applications relève presque de l’astrologie. « Les données n’ont aucun fondement. C’est de la pseudoscience », dit-il. Il a calculé qu’un consommateur pourrait dépenser 1 900 $ pour 17 applications et n’y apprendrait presque rien de valable. « C’est une jungle », dit-il. « C’est le mélange des choses qui sont prouvées et celles qui ne le sont pas qui devient de l’irresponsabilité, à mon avis. Comment le consommateur peut-il le savoir ? »

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